histoires de voir

Chemins en Amérique du sud

22 août 2006

Au mois d'août on met les bouts

On part demain ! C'est la Sainte Rose de Lima, tout un programme !

Mais on commence par Manaus, via Sao Paulo.

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Pour le moment on est étonnamment zen, avec quelques coups de speed... Quand on pèse les sacs, par exemple ! Aaaargh!

Petit à petit on largue les amarres, c'est la cérémonie des adieux : travail, famille, copains et les si symboliques téléphones portables !

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Itinéraires

Ça c'est l'itinéraire prévu...

Mais ça va changer... au gré du vent !

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23 août 2006

Premiers repères

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TOUT LE CONTINENT

brazil

JUSTE LE BRESIL (17 fois la France, quand même)

peru

JUSTE LE PÉROU (3 fois la France)

bolivia

JUSTE LA BOLIVIE (2 fois la France, et la moitié du pays est à 4000 m d'altitude !)

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JUSTE LE CHILI (6435 km de côtes)

argentina

JUSTE L'ARGENTINE (5 fois la France et plus de 5000 km d'un bout à l'autre)

Une affaire à suivre...

... il n'est pas interdit d'aller faire un petit clic sur notre photo pour en savoir plus de notre projet !

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28 août 2006

Bienvenue en Amazonie !

        Manaus, les amis, on y est !
        1500 km de forêt de chaque côté !
        Soleil de plomb, chaleur moîte. Il fait chaud, très chaud. Pour bien faire il faudrait une douche tous les quarts d'heure!

        Et nous, penchés au dessus du lavabo pour résoudre une question existentielle : l'eau, dans l'hémisphère sud, se vide-t-elle vraiment dans le sens inverse de chez nous ?
        "ARCHIMEDE", le regretté magazine scientifique d'Arte, a bien dû faire un sujet là-dessus mais on ne l'a pas vu...
Pour le moment,  la réponse n'est pas évidente : un coup c'est à droite, un coup c'est à gauche, dans un gargouillis peu dépaysant !

                                                                        Hypothèse : Serions-nous trop près de l'Equateur ?

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                                              ... La suite de cette passionnante enquête dans quelques semaines plus au Sud !


        Pour le moment, faut dire qu'on est un peu plantés ici par la grâce de British Airways qui a oublié le sac d'Annie à Londres. Il sera là avant-hier ! Mais le Brésil est un pays de bonne humeur, de chaleur humaine et de sourire autant que de pauvreté (il y a donc beaucoup de bonne humeur...). Le contact est facile, nous nous y sentons bien et ne chômons pas.
        Dès le premier soir, malgré  6 heures de décalage horaire, nous avons pu réaliser notre envie d'une soirée à l'Opéra, le Teatro Amazonas... mais sans les jolies petites chaussures achetées spécialement pour ça en France (elles sont dans le sac ) ! Une heure et demie de Mozart devant une salle remplie d'un public de tous âges pour un des nombreux concerts gratuits de l'Orchestre philarmonique de Manaus. Question culture, faut pas mollir ! 


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        La place du Teatro Amazonas est devenue notre quartier général. C'est un lieu de promenade et de rendez-vous qui s'anime encore davantage dès la tombée de la nuit, vers 18 h  (l'Equateur, toujours l'Equateur... ) C'est aussi là qu'expérimentant avec une vieille dame la communication non verbale (93% des situations contre 7% à la parole selon certains théoriciens, un soulagement pour les angoissés de la "barrière de la langue" !) Annie a permis notre rencontre avec Silvio.


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        Silvio est vétérinaire et originaire de Fortaleza. Depuis quelques mois il a adopté Manaus. Il nous aide à faire vivre ce qui risquait d'être un temps mort avec une intensité et des émotions inattendues. Promenades dans des bouts de forêt destinés à l'étude et l'observation de la biodiversité. Baignades dans le Rio Negro, un affluent de l'Amazone large de 8km dont l'eau noire  provoque de drôles de sensations... Couchers de soleil sur le fleuve : Wouaououhh !!

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      Mais Silvio est aussi un gourmand et il n'a de cesse de nous faire découvrir des saveurs nouvelles !

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                                     Alors, on déguste. Glaces, jus  de fruits et sorbets innombrables aux noms inconnus et caressants  : açaí, cupuaçu, taperebá, graviola, acerola... et puis des poissons du fleuve, tambaqui et tucunaré... et même des pizzas, tacacá ou jambo, au choix !



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        Dimanche, avec Silvio, Valeria et Isa, un bateau taxi nous a emmenés à travers les bras du fleuve, les igarapés, vers le musée du caoutchouc. Recul d'un siècle, vers un temps où la femme du patron avait sa baignoire installée en plein air au bord du fleuve, pendant que les seringueros extrayaient le latex la nuit et crevaient de la malaria, de faim ou attaqués par les indiens.


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Posté par anniesteph à 18:43 - 3. Brésil - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 août 2006

Hamac ou cabine ?

On a fini par en avoir marre de ne pas avoir de nouvelles du sac et on s'est un peu énervés contre British Airways à qui on a envoyé un fax un peu sec. Est-ce l'effet du fax ou simplement du fait que le week end était fini? En tous cas, quelques heures plus tard, on avait un coup de fil nous disant que le sac était bien à Sao Paulo et partait le soir même pour Manaus.

Du coup le voyage peut continuer.

Derniers dîners avec Sivio et Valeria, nos nouveaux et gourmands amis : pizza au jambo (l'oseille serait ce qui y ressemble le plus) ou au tacacá, un soir, dans un resto qui en propose d'hallucinantes, genre mozzarella/chocolat; matrixao (poisson amazonien) cuit dans une feuille de bananier un autre soir.

On prend aussi congé des guides associés à l'hôtel qui voulaient à tout prix nous fourguer un "jungle trip" et qui, narquois, s'amusaient de nous voir attendre le sac ("You would be better in the forest, and when you come back, the bag would be here..."). Mais, pas rancuniers, ils nous ont toujours donné un petit coup de main linguistique lorsque nous le leur avons demandé.

Notre projet est de remonter l'Amazone en bateau, six jours de voyage, jusqu'à Tabatinga, à la "Triple frontière" (Brésil, Colombie, Pérou) puis de continuer vers Iquitos au Pérou. Mais on n'achète pas ce genre de voyage comme un billet de TGV. Après avoir repoussé les propositions des multiples rabatteurs qui fourmillent autour des hôtels, il faut aller à la gare fluviale, se faire alpaguer avant d'arriver au guichet par un gars plus ou moins officiel qui vous refile à un "agent autorisé" fort sympathique, lequel vous propose un tarif plus bas que l'officiel et même, allez tiens "para vocêis" (pour vous), un rabais supplémentaire. Nous, on parle pas vraiment portugais... y a du bruit...on se comprend qu'à moitié... on se méfie, mais c'est rigolo aussi, et puis ce bizness c'est le jeu ! On dit "oui, peut-être" ou "il faut voir, on réfléchit et on revient demain".

Des discussions et des débats s'ensuivent entre nous sur le plaisir de dormir en hamac et d'être avec les autres, les risques de vol, l'envie de confort et d'intimité, le prix, etc...Et c'est comme ça qu'après maintes introspections, on se retrouve dans une micro-cabine pas beaucoup plus chère que des hamacs sur le pont, mais avec douche, toilettes et clim. Le luxe... !

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08 septembre 2006

Le Fil d'un fleuve

        Comment parler de ce voyage d'une semaine et 2000 km sur ce fleuve, le plus long du monde ? Comment parler du paysage, du foisonnement de la flore et de la faune ? Comment parler des gens, de Joao le barreur qui, la nuit, traque les jacarés (crocodiles) de son projecteur, de Maria, la grand mère qui connaît les arbres et les plantes, d'Elie, le cheval fou, et de Jamesson, l'entrepreneur ? Comment parler de ce que notre petit bout de Brésil nous a déjà donné ? Comment parler de ce temps, pour nous "suspendu" comme on dit, à nous imprégner, à nous reposer après le stress du départ et l'arrivée dans un endroit où on dépasse parfois les 40 degrés et où tout est différent ?

        Difficile.

        D'emblée, le ton est donné. Pour passer du Rio Negro à l'Amazone, on navigue dans un igarapé, parfois étroit, et dès l'arrivée dans le grand fleuve, nous sommes comme accueillis par quatre "botos vermeilhos", quatre dauphins roses qui bondissent devant le bateau.

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        Lentement, au fil de l'eau, très lentement, en longeant alternativement une rive puis l'autre pour éviter les hauts fonds, on avance. Ce matin, à 20 mètres du bord, le sondeur disait 28 mètres de profondeur. Le fleuve est immense, comme une mer sans houle, et même en amont de Manaus on croise des navires partis de Rotterdam, Shanghaï ou San Francisco. Entre saison sèche et saison des pluies le niveau de l'eau varie considérablement. En cette période de basses eaux, ici, l'Amazone, le Solimoes comme disent les brésiliens, est bordé de talus de 7 à 8 mètres de haut. Sur 20 km de large, ça fait quand même pas mal de flotte ! Car en réalité, ce fleuve est un dédale de bras, d'îles, de lacs et on ne le voit jamais dans toute sa largeur. Parfois même, on navigue dans une sorte de canal de  quelques dizaines de mètres seulement.

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         C'est peut-être dans un de ces canaux que les premiers explorateurs de l'Amazone lui ont donné le nom de Solimoes. L'histoire nous a été racontée par Elie, et elle vaut ce qu'elle vaut: les premiers explorateurs, donc, se retrouvèrent pendant des jours et des jours à traverser des régions gorgées de citronniers. Eux qui ne rêvaient que de l'or d'El Dorado, ils avaient sous les yeux "seulement des citrons" , "so limoes" en portugais !

         L'histoire est d'autant plus étrange qu'en Amazonie, on comprend en un clin d'oeil ce qu'est la biodiversité. L'idée même d'une forêt de sapins, d'un bois de hêtres est absurde ici. Tout se mélange, tout se croise dans toutes les nuances du vert. Des milliers d'espèces végétales, autant d'espèces animales, dont 30% seulement sont connues.

        Mais cette richesse est menacée pourtant. Les USA voudraient internationaliser l'Amazonie, hyperprofitable pour les biotechnologies, par exemple. Et des chercheurs anglais assurent que si 40 % de l'Amazonie était déforestée ( éventualité réaliste à l'horizon 2050 au rythme actuel) le régime des pluies serait tant modifié que le reste disparaîtrait ! 

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        L'Amazonie défile sous nos yeux. Nous nous sentons comme au coeur du monde, au coeur de la nature, là d'où tout est venu, là où tout se joue. Cette immensité nous impressionne. Nous passons des heures à regarder le paysage. Evidemment, c'est notre nature contemplative qui nous fait tant aimer ce voyage.

        Au lever et avant le coucher du soleil, sur le fleuve et sur ses rives, la vie animale resurgit : par dessus le ronronnement des machines on entend les piaillements de bandes d'oiseaux, de singes peut-être dans la forêt; d'autres oiseaux sillonnent le ciel; des poissons, des dauphins bondissent hors de l'eau. Et après les fortes chaleurs de la journée, les passagers quittent la quiétude de leur hamac, le bar ou la TV et se regroupent devant le bastinguage pour contempler le spectacle de cette nature bouillonnante, les aridembas (sorte de martin-pêcheurs), les merguilhoes plongeurs, les urubus. Chacun applaudit au saut d'un boto vermeilho, ou s'émerveille d'avoir aperçu un crocodile.

         Et le soir, s'il n'est pas caché par les nuages, le soleil se couche dans une explosion de couleurs et des lumières de création du monde.

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         En 2000 km, il ne se passera guère plus d'une heure sans que nous apercevions un village, une simple cabane, des pêcheurs, de ces "ribanheiros" innombrables qui vivent du fleuve et des terres qui le bordent. Au fil des escales, nous nous apercevrons que notre bateau, le Fenix, transporte des meubles pour des écoles, des cuisinières pour collectivités, des pneus de tracteur, des oeufs, le courrier... Comme les centaines d'embarcations qui sillonnent l'Amazone, il est pour les riverains, un des seuls liens avec le monde (avec la télé satellite et ses paraboles, omniprésentes, même devant la moindre cabane !)

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Au moindre évènement, une escale ou une de ces fréquentes mais brèves avaries de moteur, la petite communauté d'une centaine d'âmes sort de sa torpeur et s'agite, vient aux nouvelles. Progressivement, la timidité s'atténuant et la curiosité aidant, des relations se nouent avec les autres passagers. Nous prenons des photos aussi, ce qui est souvent l'occasion d'un contact. On nous indique les noms des arbres et des animaux. On nous vante les mérites du tambaqui, décidément le poisson-roi de l'Amazone.

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Le Brésil est en année électorale et nous discutons pas mal avec les gens qui sont unanimes : 80% des hommes politiques sont corrompus. "Des voleurs," entend-on sans cesse dire d'eux. Les gens n'ont aucune illusion. Le président Lula est vu au mieux comme un populiste qui, certes, permet aux plus pauvres de survivre par une politique d'allocations sociales accrues, mais sans engager de réformes de fond. En particulier, l'éducation est vue comme une priorité.

        Pas étonnant que des églises plus ou moins sectaires prospèrent. Pour beaucoup, la religion semble apporter la seule lueur d'espoir, ce qui lui donne une emprise considérable sur la société brésilienne... au point d'être récupérée par des campagne de sécurité routière : "Jusqu'à 80 km/h, Dieu te protège. Au delà, Dieu t'appelle !" disait un panneau à Manaus.   

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        Et puis, peu à peu, nous quittons le Brésil. Aux escales, certains de nos compagnons débarquent, d'autres passagers montent qui parlent de plus en plus souvent espagnol.

        Au bout de six jours de voyage, la Triple Frontière nous accueille par une musique tonitruante et une activité frénétique. Malgré une sage incursion en Colombie pour boire une "agua de coco" nous ne traînons pas dans ce coin réputé pour toutes sortes de trafics.

        Dès le lendemain, la navette rapide nous conduit en 11 heures jusqu'à Iquitos.

        Nous sommes au Pérou !

PS : Désolés, mais  le lien e-mail "Contactez l'auteur" ne marche pas (pour le moment, patience !) Ecrivez des commentaires ou à nos boites perso. Et oubliez pas de cliquer sur les photos si vous voulez les voir en grand.

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11 septembre 2006

Schizooo !

         Avant tout, merci au Professeur Sato pour son érudition et ses explications si  limpides sur la force de Coriolis. Un commentaire recommandé à tous!

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*****

          Iquitos, c'est là qu'on est, et c'est la plus grande ville au monde où il soit impossible d'accéder par voie terrestre : bateau ou avion obligatoires. Est-ce que c'est ça qui la rend aussi DINGUE ???

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      Le volume sonore est absolument maximal et atteint des niveaux inconnus de nous, essentiellement constitués de bruit de circulation additionnés de sonos à donf partout. La ville a la réputation d'être la plus bruyante du pays (faut espérer !)

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La rue appartient quasi exclusivement à des nuées de motocaros (moto-taxis souvent made in China) qui y règnent en maîtres, tolérant vaguement d'autres motos, plus quelques voitures ou petits autobus. Le piéton, lui, est prié de faire gaffe ! Heureusement pour les usagers, ces motocaros sont très bon marché  et permettent de se déplacer dans la ville à peu de frais. A part ça, il y a la Maison de fer, construite par Eiffel (oui, oui, celui de la Tour), mais elle est plutôt décevante. A part ça... ben, pas grand chose pour titiller le touriste, à part les vendeurs de "jungle trips"

       Mais Iquitos est aussi une ville totalement schizo. À quelques dizaines de mètres de cette circulation infernale, on trouve de petits havres de paix, comme notre hôtel avec ses patrons chaleureux et son petit jardin.

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          Là, nous avons rencontré Renée et Jean Louis, un couple de français. Renée est prof d'espagnol en disponibilité, Jean Louis s'est éloigné de la profession de l'audiovisuel qu'il a longtemps exercée.  Aujourd'hui, ils vivent au Pérou et y développent un projet d'outil pédagogique pour l'enseignement de l'espagnol, à base de films courts sur la vie dans les pays andins. Ces films permettent aussi de faire connaìtre et valoriser des initiatives menées par des associations péruviennes, entre autres auprès des enfants des rues. Leur site :

www.ac-rennes.fr/crdp/puka

          D'ailleurs, Iquitos, c'est notre première rencontre avec une pauvreté qui va bien au delà de ce que nous connaissons en France. Derrière le frénétique marché de Belen, il y a le quartier lui-même, au bord du fleuve, avec sa  population miséreuse et ses maisons flottantes, moins chères à construire que des maisons sur pilotis pour affronter la période des hautes eaux. Et le soir, aux portes des restos, des gamins attendent, un sac en plastique à la main, que les clients leur apportent les restes de leur repas. 50% des péruviens vivent en dessous du seuil de pauvreté (3 dollars US par jour), dont la moitié, soit 25% de la population, en dessous du seuil d'extrême pauvreté (1,5 dollars US par jour).

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           Mais à quelques kilomètres de la ville, sur le fleuve Nanay, il y a aussi un lieu magique et apaisant, "la Ferme aux papillons".  On y élève  des papillons dans le but  d'éduquer les enfants, mais aussi les adultes, à leur préservation, et plus largement à celle de la faune et de la flore.

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            La ferme reçoit aussi quelques animaux mal en point au départ et que l'on remet "sur pattes", ce qui donne quelques petits singes bien farceurs !

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20 septembre 2006

El "Cinco estrellas de la Selva"

    Ça devait nous manquer! Après cinq jours à Iquitos, on a repris le bateau sur le Marañon, riviere qui, après sa jonction avec l'Uyucali, devient l'Amazone.

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    Nous faisons route avec Agnès et Jérémy, un fort sympathique couple de jeunes ingénieurs français qui vivent à Oxford et se sont lancés dans un tour du monde. On les a rencontrés à l'hôtel d'Iquitos et comme il vont au même endroit que nous...

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Ainsi, depuis Manaus, nous remontons vers les sources du Rio Amazonas. Progressivement, nous nous sommes éloignés du monde citadin sur des embarcations de plus en plus sommaires. À la fin, nous avons atteint la Réserve naturelle de Pacaya Samiria pour nous approcher du coeur de la forêt sur un canoë de cinq mètres de long.

   

    À Lagunas il y a 15000 habitants, un château d'eau mais plus d'eau courante depuis deux ans pour d'obscures raisons, et l´électricité de 18 à 24 h). Là, nous avons rencontré notre guide Kleber, personnage haut en couleur, "un peu chamane" selon ses dires, et expert en plantes médicinales. Un conteur volubile aussi, qui a des histoires pour chaque circonstance.IMG_1696_2 

   

   

   

      

      Lui et son assistant, Abram, nous ont entraînés pendant trois jours et deux nuits vers cet "autre monde", celui de la forêt, pour un festival d'arbres de toutes sortes, de lianes, de perroquets, de crocodiles, de fleurs étranges, de grenouilles, de petits singes, de toucans, d'anacondas, d'aigles d'Amazonie, de papillons, de martin-pêcheurs...

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Il y avait même un paresseux.

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    Au fil de l´eau une fois de plus, nous avons vu le soleil se lever et se coucher, nous avons glissé sous les étoiles en scrutant la nuit pour apercevoir les yeux rouges des crocodiles, nous avons entendu les bruits de la forêt et de ses habitants qui ne se taisent que lorsque la chaleur est trop forte.

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     Nous parlions peu, et à voix basse pour partager notre émerveillement ou lorsqu'il fallait descendre du canoë pour les passages délicats. En période de basses eaux, beaucoup d'arbres tombés dans les rios barrent le passage. Nous utilisions alors le "mil hombres", morceau d'écorce d'un arbre bien particulier qu'il fallait poser sur les troncs pour faire glisser facilement le canoë. Sans lui, il aurait fallu "mille hommes" pour faire le travail d'un seul !

   Les "indigenes", les "nativos" (le racisme fait que le mot "indios" est insultant ici) utilisaient la même écorce comme base des préparations destinées à faciliter l'accouchement : une boisson consommée pendant les derniers jours de la grossesse, et un onguent utilisé lors de massages quotidiens sur le ventre de la mère pour affiner la peau et guider l'enfant dans la bonne position (méthode connue en France sous le nom d'eutonie ...terme et orthographe non garantis, on perd un peu son français, à force!)

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IMG_1651En revanche au campement, le "Cinq étoiles de la forêt" que nous avaient aménagé Kleber et Abram, ou lors des arrêts, le silence perdait ses droits.

   Sur les quelques mètres carrés devenus notre domaine on s'animait, on riait, on se baignait (en culotte, pudeur oblige), on mangeait des fruits et les poissons pêchés et préparés par les guides (comme quoi avec pas grand chose on peut faire un excellent repas!).

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On buvait aussi des tisanes et des boissons parfois étranges que Kleber, guide expérimenté, préparait pour préserver nos fragiles intestins occidentaux.

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    Et puis, lors de notre marche en forêt, à nouveau nous avancions sans bruit, à l'affût, et on peut le dire avec respect, dans la crainte de Chapingo, l'Esprit de la forêt.

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30 septembre 2006

Frissons andins

    L'Amazonie, c'est fini ! Enfin, fini pour nous et on la quitte avec le sentiment d'avoir bien fait ce qu'on voulait faire, et bien vu ce qu'on voulait voir... sans oublier les surprises. Bien sûr, il y avait mille autres manières de la visiter, et nous n'avons fait qu'effleurer la surface des choses. Oui, ce serait bien d'approfondir et de comprendre vraiment ce qui s'y trame. Une autre fois, peut-être...

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Sitôt sortis du bateau à Yurimaguas, sitôt sauté dans un "collectivo" (taxi collectif qui ne démarre que quand il est plein... et quand on dit plein !...) pour s'arrêter 3 km plus loin et attendre environ deux heures que la route vers Tarapoto soit ouverte. On profite pour passer de la pause de midi des ouvriers, car la route est en travaux. En réalité, on est carrément en train de la CONSTRUIRE, car pour le moment, il faut 6 heures pour faire une centaine de kilometres sur une piste bien défoncée. Heureusement, le parcours est magnifique et nous découvrons les premiers contreforts des Andes. Des Andes encore couvertes de forêts.

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           Après deux jours de voyage, on est à Chachapoyas. (Marrant comme nom, non? Tarapoto était pas mal non plus ! ) Là, c'est vraiment la montagne. Des paysages superbes dans ces hauts plateaux du Nord du Pérou, peu touristiques encore, mais bourrés de sites archéologiques.

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           À quelques kilomètres de là, nous visitons Kuelap, une forteresse bâtie par les Chachapoyens, peuple que les Incas soumettront en appliquant leur tactique préférée : pas de combats, mais des sièges, et à la longue, la faim et la soif qui font le boulot !

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       Kuelap est à 3000 mètres d'altitude dans un environnement somptueux. La forteresse, de forme plus ou moins ovale, fait environ 1,5 km de circonférence. Mais le plus surprenant, c'est l'ondulation de ses murailles et les 420 maisons rondes qu'elle abrite. Ces formes sont juste un petit truc des architectes de l'époque pour mieux résister aux tremblements de terre. Il y a aussi ders entrées par lesquelles ne peut passer qu'une personne à la fois... au cas ou des ennemis auraient réussi a pénétrer dans l'enceinte.

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       Mais la magie de Kuelap, ce sont ses arbres, ses fleurs, partout, exubérants.

     Heureusement, parce qu'à part ça, il est beaucoup question de sacrifices humains, de trépanations, et autres joyeusetés... Brrr !

       Pour nous, c'est aussi l'occasion de nous remettre un peu à la marche et de nous rendre concrètement compte que les Andes, c'est pas les Monts du Lyonnais, que 1200 mètres de dénivelé, même descendant, ça casse bien les pattes et qu'il allait falloir un peu penser à la mise en jambes avant de passer a la Cordillère Blanche, ou on chatouille les 5000 m. C'était bien beau de passer ces journées sur le bateau, abîmés dans la contemplation, mais c'est pas terrible pour la condition physique !

       Le soir même, de retour à Chachapoyas, Annie met en oeuvre son plan : nous aurions bien aimé garder les deux hamacs achetés en Amazonie pour le dernier trajet en bateau, celui sur le rio Marañon, mais ils sont trop lourds, et nous avons décidé de nous en séparer, avec regrets ! Ce soir là, elle fait donc du porte à porte auprès des commercants, jusqu'à trouver par deux fois des dames et leurs filles qui tâtent, caressent la jolie étoffe d'Iquitos... et qui craquent !

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      Chachapoyas-Celendin, ça c'est de la route de montagne et Stéphane rêve de cet itinéraire depuis deux ans. Asphalte, vous avez dit asphalte ? Connais pas, désolé. Les pneus ayant été changés, c'est plus prudent, nous voilà partis pour 180 km de cahots, un col à 3600 m, un autre à 3000, des retrouvailles avec le rio Marañon (vite, passe moi la carte !), des arrêts multiples pour embarquer des passagers et leur production ou leurs courses (riz, lait caillé, poules...), mais aussi pour faire faire quelques kilomètres à des gamines qui vont à l'école à pied ou rapportent des champs de gros sacs de patates. 180 km aussi de montagnes desséchées et de cactus, de gargottes au sol en terre battue où on s'attendait à voir surgir le lieutenant Blueberry, Lucky Luke, ou les longs manteaux de "Il était une fois dans l'Ouest". Le tout en 16h30, une crevaison (quand même) et quelques frissons devant les précipices. Ouf !

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       Encore quelques heures le lendemain, et voilà Cajamarca, ville où les espagnols, pillards assoiffés d'or, assassinèrent Atahualpa, le dernier empereur inca. La ville est agréable, de style colonial. Mais il y a surtout a proximité les sources chaudes (71 degrés) des Bains de l'Inca, où toute la ville peut venir se baigner, se détendre, moment bienvenu pour nous après les dernières journées. Ça fume, c'est chaud, c'est bon !

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      Encore un autre saut de puce (6h de bus, une paille d'autant que celui-ci est confortable, et nous voilà au bord du Pacifique. Bing! Enfin, non, plouf ! Et ça, être là, ça fait battre le coeur vachement fort ! Moi ici ? Ben oui, tu prends un avion, quelques bateaux, deux ou trois bus et t'es là, devant des gars qui fabriquent des espèces de babouches en roseau pour aller pêcher et gagner leur maigre pitance. Les "caballitos de totora" (petits chevaux de roseau), ainsi nommés parce que les pêcheurs les chevauchent, ne durent que quelques semaines mais vont, parait-il jusqu'a cinq ou dix milles au large! La propulsion, elle se fait a l'aide d'un bambou d'environ 1,5 ou 2 mètres, d'une dizaine de centimètres de largeur et fendu en deux dans le sens de la longueur. L'endroit s'appelle Huancacho, à proximité de Trujillo, la troisième ville du Pérou.

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Dans le coin, il y a aussi tout un tas de sites archéologiques, vestiges de civilisations pré-inca. Les Huacas de la Lune et du Soleil ont été bâties par le peuple Moche entre 750 av JC et 100 apres JC. Ce sont deux énormes pyramides posées sur un quasi désert et qui servaient de lieux cérémoniels. Celle de la Lune est la mieux conservée, car à la mort de chacun de leurs grand-prêtre/dieu/empereur, les Moches construisaient un étage supplémentaire qui venait recouvrir la décoration de l'époque précédente. Mais en voulant la cacher, ils l'ont en fait préservée de l'usure du temps.

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      Là encore, il est beaucoup question de sacrifices humains, de boire le sang des vaincus, etc... Etaient aussi sacrifiés de surprenant chiens sans poils qui accompagnaient leurs maîtres, car seuls les chiens connaissaient le chemin du ciel.

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       Quant à Chan Chan, capitale de l'empire Chimu, c'est tout simplement la plus grande cité en adobe du monde. L'adobe, c'est de la terre à laquelle on ajoute, au choix, de la paille, du gravier ou ici des coquillages pilés, avant de laisser sécher au soleil (lequel tape fort). C'est un site grandiose et impressionant, arraché aux sables, de 28 kilomètres carrés, avec d'innombrables palais, et toujours cette coutume d'abandonner ce qui avait été des lieux de vie pour les transformer en sépultures. A la mort du roi, les nobles qui voulaient le suivre dans l´au delà étaient sacrifiés (encore !) en place publique.

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      A Chan Chan, on a beaucoup plus de représentations animales, en particulier de ceux venus de la mer qui représentaient la base de l'alimentation. Les petits croisillons, eux, symbolisaient les filets des pêcheurs tout en assurant la ventilation des maisons.

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    Et puis, après une journée entière consacrée à suivre sur ces sites et sur d'autres, comme la très jolie Huaca Arco Iris (huaca de l'arc en ciel) une guide un peu hésitante, nous passons la journée suivante à lézarder au bord de l'océan avant de retourner dans la montagne... 

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08 octobre 2006

20 kilomètres sans oxygène

Avant tout, un grand merci à tous ceux, connus et inconnus, qui nous lisent, nous suivent, nous écrivent et nous encouragent à tenir ce blog qui représente un volume de travail certain, mais qui donne aussi un sens supplémentaire à notre voyage puisqu'il nous permet de maintenir un lien avec vous et d'essayer de partager ce que nous voyons, vivons et ressentons.

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     Donc, on remonte dans la montagne. Direction la Cordillère Blanche au milieu de laquelle trône le Huascaran, la montagne la plus élevée du Pérou avec ses 6700 et quelques mètres.

     Et comment on monte ? Eh ben, on fait comme d'habitude, on prend le bus . Tous les guides vous le diront, il vaut mieux réserver, parce qu'ici la notion de nombre maximal de passagers a du mal à passer.

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     Aux arrêts, il y a des dames ou des enfants qui grimpent avant que quiconque ait pu descendre et qui nous vendent des fruits, des bonbons, etc... Comment font-ils, c'est un mystère mais ils atteignent le fond du bus.

     Nous voilà partis pour environ 200 km (en huit heures). Un peu chargés, d'accord, mais le paysage est à la hauteur.

      Et puis, il y a toujours des petits incidents amusants pour nous occuper (ici une pierre coincée entre deux pneus)

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   Juste avant d'arriver dans la vallée qui sépare la Cordillère Blanche (because, couverte de neige) de la Cordillère noire (because, pas de neige, on avait compris, merci !), on traverse l'impressionant Cañon d'El Pato (à vos dicos, c'est un nom commun), le site le plus spectaculaire du coin-coin. C'est précisément pour le voir qu'on a pris un bus de jour, et pas un des confortables bus de nuit avec siège couchette, air climatisé, etc... Et comme il est normal, c'est précisément ce moment que choisissent les piles de l'appareil photo pour nous lâcher !

     On arrive à Huaraz, 80000 habitants et principale ville de la région, qui est devenue depuis quelques années la capitale péruvienne de la rando, du rafting, de l'escalade, du dévalage de montagne à bicyclette, etc... Mais en 1970, la région a été dévastée par un tremblement de terre qui a creusé des effondrements dans la montagne, englouti des villages, et fait des dizaines de milliers de morts. Huaraz a été entièrement détruite, et donc reconstruite, plutôt mochement. Mais pour la première fois du voyage, nous avons le projet de nous poser quelques temps dans un endroit, alternant randos de quelques jours et temps consacré au courrier, au blog, aux activités culturelles.

      De toutes façons l'altitude ne nous laisse pas le choix. On est à 3000 mètres et il faut s'acclimater. Le premier jour, mal de crâne, fatigue générale, et dodo presque toute l'après-midi.

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    En attendant le départ de notre première rando, on décide de faire une excursion organisée en bus jusqu'au glacier Pastoruri. Ca nous fera marcher une petite heure en montagne et comme c'est quand même à 5400 m, ça devrait aider pour l'acclimatation. Pour voir le glacier, comme un peu partout dans le monde, il faut se dépêcher, parce qu'avec le réchauffement de la planète il recule d'année en année, parfois de plusieurs mètres !

     C'est dimanche et dans le car, il n'y a que peu de "gringos y gringas". Plutôt des péruviens, dont beaucoup viennent de Lima ou Trujillo, pour passer le week-end ou quelques jours dans la sierra. Le guide fait des blagues dont notre mauvais espagnol nous empêche de saisir toute la finesse et l'atmosphère est plutôt bon enfant.

     En route, quelques arrêts sont prévus.

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     Un peu plus loin, dans un coin de montagne, se dressent des centaines de Puya Raimondi, une plante "préhistorique" qui a la particularité de ne fleurir qu'une seule fois, pendant trois mois, pour une durée de vie d'environ un siècle ! La pollenisation est laissée aux bons soins des "picaflores", les colibris. Magnifique et impressionnante.

                     

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     La route continue à grimper jusqu'aux environs de 5000 m.

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     De là on continue jusqu'au fameux glacier soit à cheval, soit à pied. Fidèles à notre projet, nous choisissons de monter à pied, chaperonnés par Edson, un guide accompagnateur, qui nous a repérés et qui doit préférer nous garder à l'oeil parce qu'entre les (petites) crevasses et le sorroche (mal des montagnes), il peut y avoir quelques soucis.

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      Victoire ! On n'est pas peu fiers de notre premier 5000. Ah, vanité, vanité !

     Au retour l'ambiance est plus somnolente, et la journée se termine par un arrêt dans un resto pour un des ces repas pantagruéliques dont les péruviens ont le secret. Prudents, nous nous en tenons à une soupe, la "Levanta muerto".

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      Deux jours après, c'est le début de la rando. Nous nous sommes entendus, non avec une des innombrables agences à la réputation aussi variable qu'invérifiable, mais avec un guide indépendant, Umberto. Il nous propose un parcours original et a l'air sympa. Pour un prix dans la fourchette normale, nous devons partir avec lui et un porteur.

      Comme convenu, un matin, on retrouve Humberto et son frère, le porteur. Sauf que, gloups !, c'est son petit frère, qui soutient avoir 13 ans !

      Alors là, un truc te tombe dessus qui te fait voir différemment ton beau voyage. T'es touriste et tu voyages à bon compte dans un pays pauvre, un pays où on fait travailler les enfants ! C'est pas normal que les enfants travaillent, qu'à treize ans ils se cassent le dos. Et en faisant cette rando, tu vas alimenter le système. Alors, stop ? On arrête tout ? On annule ?

      Seulement voilà, le gamin est fier et fou de joie à l'idée de venir avec nous. et quand on dit à Humberto que c'est pas possible comme ça, que c'est pas possible que son frère porte un sac qui doit faire dans les 20 kilos, on dirait que c'est à son tour de sentir le ciel lui tomber sur la tête ! Il n'avait pas pensé à notre réaction. Et là, c'est un contrat qui va tomber à l'eau, un boulot qui va lui filer entre les doigts !

       Finalement, nous lui proposons une solution qui vaut ce qu'elle vaut, mais qui nous permet de maintenir la rando et à lui de gagner sa vie. Nous échangeons nos sacs avec Peter qui portera un de nos petits sacs à dos de 25 litres que nous avions allégés au maximum pour ces quatre jours. Quelques kilos, pas plus. Peter est un peu renfrogné, blessé dans sa fierté. Mais même si nous savons que nous ne changerons rien sur le fond et que nous nous sommes piégés par le simple fait de venir ici en touristes, nous préférons préserver son dos.

      Plus tard, Umberto nous donnera plus d'explications. Peter vit chez lui, à Huaraz, pour aller au collège. Actuellement, il est en vacances scolaires. La veille au soir, d'un coup de téléphone, le porteur prévu a fait faux bond. Peter, ravi, et qui n'en est pas à sa première fois, s'est proposé. Et voilà. Ces détails sont-ils simplement destinés à notre conscience, même si Humberto a l'air sincère et Peter aux anges ?

      Quoi qu'il en soit, penauds malgré tout, nous partons dans la nouvelle configuration que nous avons proposée. La solution trouvée est loin d'être bonne et nous devrons nous montrer plus vigilants à l'avenir.

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      Partis de 3500 mètres, nous remontons une vallée où l'élevage est roi jusqu'au campement prévu, vers 4000 mètres. En chemin, nous rencontrons des huttes dans lesquelles vivent les "veilleurs" quand ils viennent à tour de rôle garder les bêtes. Les paysans d'ici sont organisés en communautés et certaines activités, comme celle-ci, sont collectives. Mais certains d'entre eux vivent dans ce type d'habitat presque toute l'année.

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              Nous rencontrons aussi nos premières fleurs "étranges".   

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      Le deuxième jour, nous continuons la remontée de la vallée jusqu'à un lac glaciaire, 400 mètres plus haut. C'est un aller-retour depuis le campement de la veille qui nous permettra de découvrir le quenual, l'arbre andin qui, au dessus de 3800 mètres prend la place de l'eucalyptus, omniprésent jusque là.

         

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      Ce jour-là aussi, nous nous rendons compte des effets de l'altitude sur l'organisme : souffle court et jambes coupées. Heureusement, même après quelques brèves secondes de pause, on récupère vite. C'est donc d'un bon pas que nous parcourons les vingt klomètres du jour... et sans oxygène !

      Au troisième jour, c'est du sérieux ! Nous grimpons un col à 4600 mètres. Six cent mètres de dénivelé que nous avalons beaucoup moins vite que nous ne l'aurions fait en France. La respiration est hachée, forte. Le coeur tape. Mais c'est pour découvrir sur le chemin et tout là-haut des visions toujours plus extraordinaires. Que ce soient des fleurs qui ressemblent à des rochers ou un troupeau de vigognes.

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     Et puis, Humberto s'avère être un guide expérimenté qui sait doser l'effort de ses clients (et le sien car il porte près de 30 kilos). Le dernier campement est un peu plus bas, près d'une cascade et d'un nouveau lac glaciaire. Un petit paradis des cîmes que ni la pluie, ni les moustiques ne parviendront à gâcher. On y reviendrait volontiers !

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        Au fil du temps, le climat s'est peu à peu détendu, Humberto nous a raconté son parcours, parlé de son pays. Le dernier jour, nous finissons de redescendre dans la vallée sous un ciel qui alterne soleil radieux et petites averses de minute en minute. Nous sommes sidérés par les pentes que les paysans travaillent et où ils font pousser pommes de terre et céréales. Pour finir, on atteint la route où un taxi viendra nous chercher, crevés mais éblouis par les paysages que nous avons vus.

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        Mais, c'est juré, le prochain coup, on part avec un muletier et son âne !

      

    

    

Posté par anniesteph à 19:14 - 4. Pérou - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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