20 février 2007
Une semaine à Chiloé
Le Blog, le retour ! Après quelques semaines de "vacances", photos et souvenirs s'accumulent. Petite sélection.
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L'île de Chiloé n'est pas réputée pour la douceur de son climat : 300 jours de pluie par an et le Pacifique souvent en fureur ! Chiloé, c'est cette espèce de rectangle qu'on aperçoit sur la carte du Chili, juste avant que la côte ne commence à s'effilocher en un entrelacs d'îles et de fjords.


A l'Ouest de l'île, sur la plage interminable qui fait face au large, on trouve la nalca aux larges feuilles, une cousine de la rhubarbe. On y récolte aussi une algue, le cochayuyo, fréquemment utilisée dans la cuisine chilote, en particulier pour le délice local, le curanto : porc fumé, poulet (quelle surprise !), moules, palourdes, etc...

Colé-Colé
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Du bois, du bois, du bois...


Les "palafitos" à Castro, la capitale de l'île...
...et l'église d'Achao. L'Unesco a inscrit une centaine d'églises en bois de Chiloé sur la liste du Patrimoine mondial.
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A Chiloé nous avons eu le sentiment de rencontrer un Chili plus authentique, en tous cas plus populaire et plus humain. Loin de Santiago, moderne, hyperactive et bureaucratique ou de Pucon, si agréable mais si touristique. Ici la population a le type indien, comme au Pérou et en Bolivie.
La culture aussi est indienne, bourrée de croyances, mythes et légendes de toutes sortes, auxquelles s'ajoutent des pratiques secrètes de sorcellerie. Les jésuites ont évangélisé l'île au 16ème siècle. Comme dans les missions amazoniennes d'Argentine, ils ont défendu les indiens surexploités et maltraités par les colons et l'armée espagnole, mais ils ne sont pas parvenus à éradiquer les croyances ancestrales.
Alors, à Chiloé, certaines nuits, ou certains jours de brouillard, les malchanceux peuvent encore croiser des créatures fabuleuses mais toujours méchantes !
25 janvier 2007
"¡ En Chile, todo es posible !"
Dans le parc Huerquehue, c'est le plein été.Il y a des fleurs, des tas de fleurs et des tas de couleurs.
Dans le parc Huerquehue, il y a des lacs avec des truites (où on peut aussi se baigner), et puis des pins araucarias. Il y a des sentiers pour randonner pendant des heures, des sentiers qui font mal aux jambes tant ils montent raide. Mais quand on est en haut et qu'on voit le paysage en panoramique...!
On les a donc arpentés pendant deux jours de crêtes en lacs dans le calme du petit matin.
Dans le parc Huerquehue , il y a un bien joli refuge au bord du lac Tinquilco. Le cadre est merveilleux, la lumière pure, le silence absolu. Rarement nous avons eu le sentiment d'être autant immergés en pleine nature !
On est chez Alicia, qui dit vivre "au pays des merveilles" et qui cuisine des plats savoureux, roboratifs et sur demande végétariens pour les randonneurs.
Depuis le parc Huerquehue, on aperçoit l'attraction de la région, sa plus haute montagne, le volcan Villarica.
C'est comme ça qu'un matin, sur le coup des 7 heures, on se retrouve en compagnie d'un guide, des chaussures de montagne aux pieds, et sur le dos un sac rempli de bazar genre guêtres, crampons et piolet. D'autres naïfs qui, comme nous, veulent monter sur le volcan sont de la partie. Il y a Jonathan, un anglais, producteur à la BBC, Anaïs, une jeune prof venue de Nouvelle Calédonie, et Jules qui vit à Tahiti. Sans oublier le guide, Alex, et une élève-guide, Maria Luisa. L'ascension dure normalement entre 4 et 5 heures pour 1000 mètres de dénivelé. Le volcan Villarica n'est pas très haut (2845 mètres) mais malgré tout, des neiges quasi éternelles l'habillent. Aussi la plus grande partie de la marche se fait-elle dans la neige.
Vers 8h30, les minibus des agences amènent les randonneurs au pied d'un télésiège qui permet d'éviter 400 mètres de dénivellé supplémentaires. Enfin, s'il n'y a pas trop de vent parce que sinon... pas de télésiège! Et dans ce cas il faut monter à pied. Ceux qui l'ont fait nous ont raconté que c'est pas franchement confortable, parce que la pente est couverte d'une sorte de gravier d'origine volcanique et qu'on fait deux pas en avant, un en arrière.
Pour monter, il faut en plus que le vent ne rabatte pas les émanations soufrées sur les marcheurs. Donc, il y a des jours où on arrive au pied du télésiège et où le guide annonce : "Désolé, pas aujourd'hui."
Mais nous, on a de la chance. Malgré un vent justement pas très favorable notre guide décide de faire l'ascension. Le rythme de la marche en haute montagne, très lent, régulier, n'est pas celui des randonnées que nous faisons habituellement. C'est le guide qui l'imprime. Ça nous plaît et au début c'est facile. Celà dit, marcher dans la neige, ça fatigue ! Et puis au bout d'un moment, fatalement, la pente devient plus raide et plus difficile ! Mais on dit rien, question de fierté, et puis c'est bon de chercher ses limites, toujours plus éloignées qu'on ne le croit.
Un peu après mi-pente, ça se corse encore. Pour éviter les fumées toxiques Alex, qui trouve que le groupe avance bien, décide de suivre un autre parcours que le parcours "classique". C'est juste un peu plus pentu, genre 45 º !
Dans le groupe, chacun assure. Mais tandis que les uns évitent de trop regarder vers le bas ( Maman, j'ai le vertige !), les autres se régalent du bleu transparent des crevasses en contrebas.
Comme c'est aussi un peu plus glacé, on enfile les crampons... et le piolet trouve sa véritable utilité !
Au bout de quatre heures, soufflants et ahanants, notre groupe parvient en haut. Et en ayant fait un détour encore ! Il souffle un vent glacial et à décorner les boeufs. Peu importe, parce que, "Victoire !", on est les premiers à arriver et à pouvoir se pavaner. Deux groupes arrivent peu après nous par le chemin "normal". Mais la plupart des autres ont renoncé à monter aujourd'hui. Petit moment d'auto-satisfaction.
Evidemment, là-haut, la vue est plus que magnifique, à 360º, avec tous les lacs et sommets de la région, y compris le Cerro San Sebastian, sur lequel nous étions deux jours plus tôt.
Pour la descente, c'est plus simple et plus rapide. On se met sur les fesses et on se laisse glisser ! Il y a des traces et ça fait comme un toboggan, du bobsleigh ou de la luge, au choix.
Très rigolo !
En moins d'une heure on est en bas ! Alors on lève les yeux vers le sommet et on se dit : "Ouais ! J'y étais !"
Passons rapidement sur la journée suivante : comme on avait envie de se bouger pendant notre séjour dans cette région des lacs, on avait décidé de se faire une petite virée en VTT histoire d'aller voir le lac de Caburga. Oh, pas grand chose, un genre de digestif après le volcan, juste une cinquantaine de kilomètres !
Le lac a l'air bien joli, mais nous on était tellement nazes qu'on y a surtout fait la sieste. Comme quoi les vaniteux sont toujours punis ! Bien fait !
Mais pour clore cette semaine mirifique, il fallait encore trouver un truc. Heureusement, à Pucon, le village où on s'est installés, l'offre d'activités est abondante. "Et une petite balade à cheval, ça vous dirait ?" Va pour la balade à cheval... malgré le mal aux fesses qui persiste après la bicyclette.
Victor, le jeune guide, a bien raison : "¡ En Chile, todo es posible !" Se balader sur les crêtes, grimper sur un volcan, découvrir ou retrouver après des années les sensations d'une promenade à cheval, manger des framboises et du melon au mois de janvier ! Le tout en cinq jours.
Ouf ! c'est fini. On va se coucher !
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Post scriptum : On va maintenant descendre vers la Patagonie avec l'objectif de faire d'autres randos dans d'autres parcs. On risque donc d'être un peu plus éloigné des cybercafés et le blog moins abondant. Mais vous en faites pas, on vous oublie pas et on vous racontera tout ça aussi.
A bientôt !
20 janvier 2007
Visites chez Pablo
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Un escalier biscornu. Une collection de verres de toutes les couleurs. Un lit orienté est-ouest avec une fenêtre à la tête et une autre aux pieds. Des pièces baignées de lumière qui ouvrent sur l'Océan Pacifique. D'autres collections d'objets divers et fantasques, tout un bric-à-brac, en fait. Des pièces petites, des pièces chaleureuses. Une maison pleine de joie et de fantaisie où il doit faire bon vivre.
Cette maison est à Valparaiso, le grand et mythique port chilien sur le Pacifique, celui où les marins épuisés par les eaux violentes du Cap Horn pouvaient enfin se reposer.
La Sebastiana
Cette maison, c'est celle de Pablo Neruda. Nous avions déjà croisé le poète à Salta. On le retrouve ici. Une maison pour profiter de cette ville, pleine de lumière et de vie. A Valparaiso, il y a une large baie et plein de "maisons bleues accrochées à la colline". Ou plutôt aux collines, les cerros, auxquels on grimpe par les "asensores", les funiculaires qui donnent à la ville une partie de son image.
Valparaiso est une ville dont on sent sans cesse battre le coeur. Une ville qui vous agrippe immédiatement pour vous dire de rester là, à écouter le vent du large et profiter de la vie.
Quand on est touriste à "Valpo", il n'y a pas grand chose à faire sinon se balader sur les rues en pente, parcourir le Musée à ciel ouvert et ses grandes peintures murales... et visiter la Sebastiana, la fameuse maison du poète. C'est ce qu'on a fait.
Ensuite on a suivi Neruda dans les lieux où il avait bâti d'autres maisons, trois en tout, pour écrire, recevoir ses amis et faire la fête, entreposer les milliers d'objets de toutes sortes, toutes ces choses qu'il aimait collectionner.
Un poète épicurien et "chosiste", comme il disait. Un homme qui avait installé un bar dans chacune de ses maisons et qui collectionnait bouteilles et verres de couleur "parce que l'eau a meilleur goût dedans".
Suivre le parcours de Neruda, c'est le suivre lui, bien sûr, mais également l'histoire du 20ème siècle puisque cet homme qui était aussi un diplomate (consul puis ambassadeur du Chili) s'est engagé dans le Parti communiste à partir de la Guerre d'Espagne et qu'il a dû s'exiler, lui aussi, pendant plusieurs années.
Sa maison de Santiago, la Chascona (l'Ebouriffée), construite pour et en l'honneur de sa troisième épouse, Matilde Urrutia, s'étage en trois petits bâtiments séparés, au pied d'une colline. Pendant la dictature de Pinochet les militaires l'ont pillée, saccagée et en partie détruite. La Fondation Neruda, créée sous l'impulsion de Matilde, l'a remise en état et la fait revivre à l'aide des meubles et des objets récupérés dans la maison que Neruda occupait en Normandie, quand il était ambassadeur du Chili en France.
Celle d'Isla Negra, sur la côte Pacifique est la plus émouvante. En forme de navire elle est dédiée à la mer. C'est là aussi que Neruda est mort, en 1973, quelques jours après le coup d'Etat et c'est là qu'il est enterré, avec Matilde, face à l'océan.
Neruda était venu nous faire un signe dès l'Argentine, à Salta, il nous a paru naturel qu'il soit en quelque sorte notre guide pour cette partie du voyage.
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Nos ressentis ici sont proches de ceux de l'Argentine : le Chili, c'est reposant, c'est facile. Dans les hôtels, il y a de l'eau chaude, tout marche, et les draps des lits ont la bonne dimension. Dans l'ensemble, c'est le plus policé des pays qu'on a visités : on laisse les piétons traverser ! Mais du coup, on se croirait presque en Europe !
Pinochet est mort il y a quelques semaines à peine, mais le souvenir de la dictature reste vif, et nombreux sont les chiliens à réclamer des comptes. Le soir de notre arrivée à Santiago, un rassemblement se tenait près de l'hôtel. Rue de Londres, le "Comité des 119" manifestait devant une maison : "Ici, on a torturé. Ici, on a assassiné !" disaient les affiches collées sur la façade. Des photographies de personnes qui ont disparu dans cette maison les accompagnaient. Un musicien jouait de la flûte pour cette soirée de souvenir, de recueillement et de revendication.
Mais le lendemain, quand nous sommes repassés, tout avait disparu : les affiches avaient été déchirées ou maculées de peinture ! Les antagonismes et les désaccords sont donc encore forts et le pays reste divisé dans le regard qu'il porte sur la dictature, pourtant sanglante (30000 morts).
Autant Valparaiso est attirante, autant Santiago, la capitale, présente peu de charme. C'est une ville moderne, frénétique et bruyante (la norme latino-américaine, faut reconnaître) et très polluée. Seul bon point, on y trouve beaucoup de parcs et de verdure.
Nous n'avons donc pas trop envie de traîner par ici, malgré le confort de l'hôtel Paris.
Cap au Sud !
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El Océano Pacífico se salía del
mapa. No había donde ponerlo. Era
tan grande,desordenado y azul
que no cabía en ninguna parte. Por
eso lo dejaron frente a mi ventana.
Pablo Neruda














































































